Il
est relativement facile de répondre à cette question. En effet, une
simple recherche à travers la doctrine de Zoroastre permet de constater
que ce penseur ne s’est jamais présenté comme un intermédiaire
entre Dieu et les êtres humains. Il n’a jamais prétendu être un
prophète ayant des contacts avec un Dieu dont le territoire s’étale
sur 36 milliards d’années-lumière. Pour avoir une idée des
dimensions de ce territoire, il faut indiquer que la vitesse de la lumière
est de 300 000 km par seconde et que la lumière traverse 946 trillions
de kilomètres par an. L’étendue de ces chiffres dépasse l’esprit
humain. Il suffit simplement d’indiquer que pour atteindre le chiffre
de 36 milliards un compteur doit fonctionner sans arrêt pendant 1000
ans.
Zoroastre n’a jamais établi des préceptes détaillés pour ses
adeptes, il leur a seulement fourni des directives générales, leur
laissant le soin de distinguer, de par leur intelligence, la bonne
action et de découvrir eux-mêmes l’existence du Créateur ayant créé
la terre et le ciel. Par conséquent, si on considère un prophète
comme adjoint de Dieu, Zoroastre n’en a pas été un, et sa doctrine
ne peut être considérée comme une religion. En revanche, il a été
un penseur qui, par son intelligence, a découvert l’existence de Dieu
sans pour autant prétendre être son porte-parole.
L’époque
et le lieu de vie de Zoroastre
La
disparition des documents historiques, en particulier après les
invasions d’Alexandre et des Arabes et la destruction des bibliothèques,
a fait que nous ne possédons pas de preuves irréfutables concernant
l’époque et le lieu de vie de Zoroastre. Dans le passé, certains
chercheurs prétendaient qu’il vivait 6000 ans av. J.-C. Aujourd’hui
on avance le chiffre de 4000 ans. Son lieu de naissance n’est pas
connu même si certains chercheurs avancent l’idée qu’il vivait
dans une des villes de Khorassan, Nichabour, Balkh ou Harat.
Il s’avère des Gathas, seuls vestiges des poèmes de Zoroastre, que,
persécuté par les religieux de son époque, il dut quitter son lieu de
naissance pour se réfugier auprès d’un des souverains de l’époque,
Gashtasb, où il put convaincre ce dernier de monothéisme.
Quels
ont été les raisons de la révolte de Zoroastre contre les croyances
et les rites religieuses de son époque, c’est-à-dire contre le
mithraïsme ?
A
travers les tablettes datant de l’époque de Cyrus le Grand, imprégnée
de la pensée de Zoroastre, on peut apercevoir qu’il considérait
Ahuramazda comme créateur de la terre et du ciel et l’adorait. De même,
selon le témoignage de Hérodote, historien grecque, les Iraniens de
l’époque étaient monothéistes et critiquaient le polythéisme. Ceci
constitue la raison du soulèvement de Zoroastre contre le mithraïsme,
religion des Iraniens avant lui et qui n’était pas monothéiste. De même
il haïssait la tradition de sacrifice des animaux, très courant dans
le mithraïsme. Il condamnait également la consommation de boissons
enivrantes “ Haoma ” qui empêche l’homme de réfléchir avec
clarté et qui avait cours dans le mithraïsme. Pour ces raisons, muni
de sa philosophie et de sa doctrine, Zoroastre se souleva contre le
mithraïsme.
Les
fondements de la doctrine de Zoroastre
Zoroastre
a fondé sa doctrine sur la bonne pensée, la bonne parole et la bonne
action. Il s’était rendu compte que toute l’évolution du monde était
basée sur l’action et la réaction. Car la réponse à toute attitude
charitable était la bonne action. Par conséquent dans la société si
les gens s’adonnent à la bonté ils ne récolteront que la bonté et
s’ils se livrent à la méchanceté, ils seront envahis par le mal.
Par conséquent un voleur ne doit pas s’étonner à devenir lui-même
victime de vol et subir la rancune. Zoroastre n’a jamais adoré un
Dieu qui aurait instauré sur terre son appareil de commerce, échangeant
des parcelles du paradis avec ses créatures. Son créateur n’est pas
un marchand et n’a nul besoin de l’adoration de ses créatures.
Le
Créateur de Zoroastre est le guide de ses créatures pour qu’ils
connaissent une existence agréable, remplie de bonté. C’est pourquoi
la doctrine de Zoroastre est fondée sur la bonne pensée, la bonne
parole et la bonne action. Et parce que dans cette doctrine toute
personne munie de la bonne pensée doit choisir librement la juste voie,
et que la culture et l’intelligence de l’homme constitue la partie
la plus importante de la bonne pensée, par conséquent, les adeptes de
cette doctrine doivent se forcer à acquérir les sciences et la culture
de leur époque. Ainsi, la philosophie et la doctrine de Zoroastre
resteront à jamais dynamiques et à l’abri de toute tendance rétrograde.
Fravahr
Fravahr
est un des symboles de la doctrine de Zoroastre. Très succinctement, on
peut indiquer que Fravahr est l’esprit de l’homme pré-existant à
sa naissance et qui perdurera après sa mort. Il ne peut se substituer
au Dieu ou à Ahouramazda. Certains auteurs ne veulent pas admettre que,
contrairement à la plupart des religions, Zoroastre n’a pas conçu
une figure ou une statue pour le Créateur. Aucune partie des Gathas ne
fait allusion au visage de Ahuramazda.
Dans
Yasna 31, 8, il affirme :
“
Ô Mazda, lorsque je t’ai cherché avec mon intelligence et je t’ai
regardé avec mon cœur, j’ai compris que tu es le début et la fin de
toute chose, tu es la source de l’intelligence, tu es le créateur de
la vérité et de la pureté et tu es le juge des actes de tous. ”
Pour
assouvir leurs objectifs douteux, ces auteurs qualifient le zoroastrisme
d’idolâtrie, utilisant pour argument les tablettes attribuées à un
roi sassanide vivant mille ans après Zoroastre.
Il
conviendrait que ces chercheurs se penchent sur les écrits de Hérodote,
historien grec qui vivait environ 500 ans av. J.-C. Dans son Livre I,
chapitre 131, Hérodote écrit :
“
La fabrication d’idoles et la construction de maisons de Dieu sont indécentes
en Iran. Ceux qui contreviennent sont traités d’ignorants. À mon
avis, contrairement aux Grecs, les Iraniens n’étaient pas attachés
aux idoles ”.
Fravahr
comportant deux portraits : Sépanta Minou, symbole du bien et Ankaré
Minou, symbole du mal, certains ont cru que c’est Ahuramazada qui est
en lutte contre Ankaré Minou. Il va de soi qu’un telle conception,
fondement de la pensée de Zarvan ne correspond nullement à la
philosophie et à la doctrine de Zoroastre et leur porte préjudice. De
même certains écrivains reconnaissent Avicenne en tant que savant
arabe, tandis que la plupart garde le silence sur le fait que ce fut
Darius le Grand qui ordonna de creuser le Canal de Suez. Comme si la
pensée iranienne dans le domaine des sciences et de la philosophie était
incapable d’atteindre un tel summum.
La
description de Fravahr
Il
n’existe aucun document historique relatif à Fravahr à l’exception
des sculptures retrouvés sur les tablettes de l’Iran antique comme
celle de Takht-é-Dhamshid. Par conséquent, nous sommes obligés de
nous référer aux paroles des anciens qui nous ont été transmises à
travers les siècles.
1)
Le visage de Fravahr ressemble à la figure humaine, ce qui est le signe
de son attachement à l’être humain.
2) Il comporte deux ailes latérales chacune comportant trois rangées
de plumes, symboles de “ la bonne pensée, la bonne parole et la bonne
action ” signes du dynamisme, de l’envol et du progrès.
3) Sa partie inférieure comporte trois éléments, symboles de “ la
pensée, la parole et l’action mauvaises ” sources de la décadence
de l’homme.
4) Fravahr comporte sur les deux côtés deux spires, symbole des deux
forces : Sépanta Minou et Ankaré Minou. La première est dirigée vers
le visage et la seconde est située derrière elle. Ceci constitue une
autre référence au fait que nous devons nous avancer vers le bien et
avoir le dos tourné au mal.
5) Au milieu de Fravahr est tracé un cercle, symbole de l’éternité
de l’esprit.
6) Une main de Fravahr est dirigé vers le haut, symbole de l’effort
pour atteindre le sublime.
7) Dans son autre main, il détient un anneau dont certains pensent
qu’elle exprime l’importance accordée dans cette philosophie à
l’alliance et à la fidélité en elle.
Dans la doctrine de Zoroastre, Fravahr ou l’esprit de l’homme
comporte deux symboles du bien et du mal. Chacun doit s’efforcer de
renforcer la puissance de son Sépanta Minou au détriment de Ankaré
Minou. C’est à travers cette lutte que l’esprit humain pourra
trouver sa perfection. Par ailleurs, le cercle étant symbole de l’éternité
de l’esprit, on peut en conclure que plus les hommes s’efforcent de
perfectionner leur esprit, plus celui-ci se trouvera à un niveau élevé
dans un autre monde. C’est sur la base de ce précepte, que les
Iraniens antiques rejetaient l’idée de deuil, de pleurs et de
tristesse pour la disparition de leurs proches.
En effet, si on admet
que Fravahr ou l’esprit de nos proches entrent dans un monde supérieur
après avoir quitté celui que nous connaissons, il faut s’en réjouir
même si cette disparition reste amère pour les survivants. Ainsi, dans
la doctrine de Zoroastre, chaque personne répond de ses actes en vertu
de la nature de son Fravahr. C’est en vertu de cette pensée sublime
que Cyrus le Grand ou la plupart des souverains de l’Iran antique, et
l’histoire en témoigne, n’ont pas voulu admettre par la force la
pensée de Zoroastre aux peuples. Au contraire, ils ont laissé aux
peuples le libre choix de leur foi et l’ont respecté. C’est sur la
base de cette doctrine que la Charte des droits de l’homme de Cyrus le
Grand lors de la conquête de Babylone stipulait :
“ Je n’ai autorisé
personne à malmener le peuple et détruire la ville. J’ai ordonné
que toute maison reste indemne, que les biens de personne ne soient pillés.
J’ai ordonné que quiconque reste libre dans l’adoration de ses
dieux. J’ai ordonné que chacun est libre dans sa pensée, son lieu de
résidence, sa religion et ses déplacements, que personne ne doit persécuté
autrui. ”
L’immortalité
de Zoroastre
Comme
nous l’avons indiqué, le fondement de la doctrine de Zoroastre est
constitué par la bonne pensée, la bonne parole et la bonne action.
À
propos de la sincérité chez les Iraniens antiques, on peut lire dans
le chapitre 136 du Livre I de Hérodote :
“
Entre l’âge de 5 ans et jusqu’à 20 ans, leurs fils apprennent
trois choses, la cavalerie, le tir et la sincérité. ”
De
même dans le chapitre 138 :
“
Ils ne prononcent jamais de paroles grossières et ne considèrent rien
pire que le mensonge ; après le mensonge, c’est le prêt qu’ils détestent,
car ils pensent que ceux qui empruntent seront obligés parfois de
mentir ”.
Etant
donné que dans la doctrine de Zoroastre toute personne doit répondre
de ses actes par la bonne pensée, et que la bonne pensée est
directement liée à la culture, par conséquent les adeptes de cette
doctrine doivent se soustraire à mettre en œuvre une parole quelconque
de Zoroastre qui ne correspondrait pas à la science moderne. Cela
constitue un autre aspect des points forts de la pensée de Zoroastre.
Cependant, comme le témoignent l’histoire et les spécialistes de
cette doctrine, la plupart des préceptes de Zoroastre sur la morale
collective et les liens qui attachent les hommes restent encore
aujourd’hui d’actualité, alors que la plupart des religions ne leur
pas accordé d’importance.
Par exemple
1) L’égalité des hommes et des femmes a été soulignée à maintes
reprises dans les Gathas et réalisée dans l’histoire de l’Iran
antique par l’avènement au pouvoir de femmes telle que Pourandokht.
Il est utile de signaler qu’en 1994, lors de la dernière réunion des
pays membres de l’Organisation des Nations-Unies, autour du thème de
la “ surpopulation ”, “ l’égalité entre les hommes et les
femmes ” a été relevée en tant qu’un des moyens pour enrayer ce
danger.
2) Préserver la pureté de l’eau, de la terre, de l’air et du feu
est un autre précepte des adeptes de cette doctrine. Dans le chapitre
138 du Livre I, Hérodote souligne le souci des Iraniens à préserver
la pureté de l’eau.
3) L’esclavage et la soumission de l’être humain, parfois présents
dans d’autres religions, sont complètement rejetés dans la doctrine
de Zoroastre.
4) Cette doctrine met l’accent sur l’importance de la récolte. Elle
rejette toute idée de la paresse comme il a été souligné dans de
nombreux Gathas. La paresse, vivre au crochet d’autrui, vol le bien
d’autrui sont fortement condamnés. Quiconque contreviendrait ce précepte
serait considéré comme oppresseur et tout le monde a pour devoir de résister
face à ces oppresseurs et à lutter pour libérer l’oppressé des
mains de l’oppresseurs. Chacun doit vivre suivant ses efforts et bénéficier
de sa propre récolte.
5) L’idolâtrie, l’adoration de la pierre ou tout autre lieu
construit, sont prohibées dans la pensée de Zoroastre. La maison de
Dieu n’est pas celle construite par l’homme mais le cœur et
l’esprit de ce dernier.
6) La doctrine de Zoroastre n’admet aucune oppression à l’égard
des hommes, elle prêche même qu’il faudrait se soulever pour l’éliminer.
De même elle n’accepte pas celle commise à l’égard des animaux et
considère leur sacrifice comme un crime des hommes à l’égard des
animaux.
L’importance
de la lumière et du feu dans la doctrine de Zoroastre
Dans
cette doctrine, la lumière et le feu, l’élément le plus pur sur la
terre et qui ne peut être sali d’aucune manière, est choisi comme le
symbole d’Ahuramazda. C’est ainsi que certains, par ignorance ou par
supercherie ont intitulé la doctrine de Zoroastre en tant que celle de
l’adoration du feu afin de passer sous silence son aspect monothéiste.
Il convient de souligner que ces mêmes ignorants qui veulent limiter la
doctrine de Zoroastre en une adoration du feu, admettent eux-mêmes
l’importance de la lumière et du feu et allument des bougies dans “
la maison de leur Dieu ”, de même que leur Livre relate la
perspicacité du choix de la lumière et du feu.
Le
miracle
Le
miracle, c’est-à-dire la supercherie, est le fondement de nombreuses
religions, propagés par les marchands de religion en vue d’attirer
les peuples vers leur commerce. La propagation de l’idée du miracle
à travers le temps est un facteur qui finit par ôter toute possibilité
de réflexion aux adeptes de ces religions. Il est étonnant de
constater que certaines personnes qui, par ailleurs, dans des domaines
scientifiques occupent des rangs élevés, et relèvent avec facilité
et perspicacité les supercheries des autres religions, sont souvent
incapables d’étudier profondément leurs propres croyances
religieuses et d’y déceler les vérités. Le lavage de cerveau
qu’elles ont subi par les marchands de religion a fait qu’ils
admettent dans le domaine de leurs croyances religieuses, des pensées
erronées, sans valeur et superstitieuses qui n’ont aucun lien avec la
connaissance et la culture.
Quant à la question du “ miracle ” dans
la doctrine de Zoroastre, il faut souligner que certains adeptes de
cette pensée ont cru bon de lui attribuer un miracle et de le nommer
“ prophète ” afin de diminuer oppression des musulmans intégristes.
Or cela a porté un grave préjudice à cette doctrine. En effet, non
seulement, cette action a terni l’image de cette pensée, mais elle
n’a pas pu épargner ses adeptes des massacres subis pendant plusieurs
siècles de la part des Arabes musulmans. Les Gathas, les seuls
survivants des préceptes de Zoroastre, témoignent du fait qu’il ne
s’est jamais prétendu être un prophète et que de ce fait il
n’avait nul besoin de miracle pour tromper ses adeptes. Ceux qui ont
étudié les Gathas et les écrits des historiens antiques, savent bien
que le miracle n’a aucune place dans la doctrine de Zoroastre.
Pourquoi
la philosophie de Zoroastre a été peu à peu oubliée ?
Il
est facile de répondre à cette question. Zoroastre était opposé au
commerce avec Dieu pour se pourvoir une place élevée et il rejetait le
sacrifice des animaux qui constituait une source de revenus pour les
dirigeants religieux. Par ailleurs, dans sa philosophie, il met
l’accent sur le fait que chaque être humain poursuit sa perfection
uniquement par le biais de la bonne pensée, la bonne parole et la bonne
pensée. Il n’a laissé, par conséquent, contrairement à d’autres
religions, aucune place aux dirigeants religions de se porter en intermédiaire
entre Dieu et les hommes, de leur promettre le paradis et de leur
menacer de l’enfer, et de rassembler, au passage, des sommes
colossales.
Selon Hérodote, Zoroastre enleva à ces marchands de
religions, les temples et les maisons de Dieu qui étaient en réalité
leurs propres maisons. Aussi, il ne leur restait plus aucun moyen de
s’enrichir en profitant de l’ignorance des peuples, ce qui les
incita à une intense animosité contre cette doctrine. Après la
disparition de Zoroastre, les religieux de l’époque s’efforcèrent
d’introduire de nouveaux les anciennes croyances dans sa doctrine afin
d’ouvrir le chemin à l’exploitation de leurs adeptes. Ainsi,
quelque temps après la mort de Zoroastre, la doctrine de Mithra et d’Anahita
resurgit en Iran, de sorte que Xerxès adorait non seulement Ahuramazda
mais également Mithra et Anahita et contrairement aux principes de
Cyrus et de Darius le Grand, après avoir conquis les Grecs, il ordonna
la destruction des temps d’Athènes, ce qui conduisit Alexandre le Macédonien,
après la défaite des Acéménides, à ordonner d’incendier Takht-é-Djamshid
et les bibliothèques de l’Iran, pensant ainsi détruire la pensée
sublime de l’Iran. Par ailleurs, désirant faire profiter les Grecs de
la science et de la philosophie des Iraniens, il ordonna de traduire,
avant de les faire détruire, un nombre important de traités se
trouvant dans les bibliothèques. Ces traités ont constitué une partie
des fondements de la science et de la philosophie occidentale.
Les Arabes ont fait de même après l’invasion de l’Iran et la défaite
des Sassanides. Partout où ils ont trouvé un traité ou un écrit, ils
l’ont détruit par le feu ou par l’eau. Ils ont empêché les
Iraniens de parler en farsi afin de les éloigner de leur racine
culturelle pour qu’ils leur soit asservis à jamais comme les peuples
de l’Egypte et de la Syrie. Or, avant qu’elle soit éteinte, la
langue farsi fut ressuscitée par Ferdowsi Toussi. De même, pour
assurer leur domination absolue sur les Iraniens, leurs Arabes leur
imposèrent l’Islam et, dans ce contexte, ont massacré les
Zoroastriens, sous prétexte qu’ils étaient adorateurs du feu.
Malheureusement, l’œuvre des Arabes se poursuivit longtemps par les
musulmans intégristes. Ce n’est qu’à l’époque de Réza Chah
Pahlawie le Grand que fut mis fin à l’oppression contre les
Zoroastriens et les adeptes des minorités religieuses en Iran.
La
parole et la philosophie de Zoroastre retransmis oralement pendant
plusieurs siècles, ont été infiltrées des pensées et des préceptes
qui n’ont aucun lieu avec les principes fondamentaux de
l’enseignement de Zoroastre. Ceci fut principalement l’œuvre des
marchands de religion qui recherchaient leurs propres intérêts. Ainsi
certaines rites et philosophies des religions de Mithra, Anahita et
Zarvan ont été introduites dans cette doctrine et lui ont porté préjudice.
Aujourd’hui, les études linguistiques démontrent que de nombreux
vestiges d’Avesta n’ont aucun lien avec les préceptes de Zoroastre
et qui ont été ajouté à travers le temps. Sans doute, les spécialistes
des Gathas et les liturgies de Zoroastre sont parfaitement conscients
que les rajouts des ennemis de Zoroastre et des marchands de religion à
cette philosophie comme le “ Vendidâd ” ne sont pas admis par les
zoroastriens. On percevra la véritable nature de la philosophie de
Zoroastre lorsque les linguistes et les chercheurs de la doctrine de
Zoroastre purifieront ses liturgies et exploiteront les tablettes des époques
de Cyrus et de Darius restées à l’abri des ennemis de l’Iran.
Pourquoi
la doctrine de Zoroastre retrouvera sa magnificence ?
Sans
doute, avec le développement de la science, de la culture et de
l’intelligence, les êtres humains formuleront des questions qui dévoileront
les supercheries des marchands de religion. Omar Khayyam, mathématicien,
philosophe et poète iranien écrivait/
"Sur mon passage, Tu as mis d’innombrables pièges
Tu dis que je te prends dans tes bras dès que j’y mets les pieds
Rien n’échappe à Ta volonté dans ce monde
Tout vient de Toi et Tu m’accuses d’être pécheur"
Ou :
"On dit qu’au jour du Jugement Dernier il y aura enquête
Et que le Créateur sera sévère
Mais de la Bonté absolue on n’attend que du bien
Ne t’en fais pas la fin sera heureuse"
Il répond ainsi aux spéculations des marchands de religion. C’est
alors que les esprits intelligents demandent : pourquoi les religieux
dans les différentes religions prétendent être les seuls
entremetteurs du paradis et avoir été mandatés par Dieu pour vendre
des parts de celui-ci aux humains en échange d’une participation pécuniaire.
Pourquoi les chefs de file d’une religion prétendent que ceux des
autres religions sont des égarés destinés à l’enfer. De même, ces
esprits clairvoyants se demandent : pourquoi, Dieu, créateur d’un
univers si vaste que l’esprit humain est incapable de délimiter,
aurait-il eu besoin de représentant pour guider quelques milliers ou
quelques millions d’êtres humains. Sans doute, si nous utilisons
notre intellect et notre conscience pour nous libérer des marchands des
religions, un terme sera mis aux guerres sanglantes des religions à
travers le monde.
Car, comme l’affirme le philosophe et le poète
iranien, Hafez :
"Ne prends pas en considération les conflits intestinaux des sectes
Car, n’ayant pas trouvé la vérité, elles se sont dirigées vers la
fabulation"
Les tenants des différentes religions ont toujours essayé de profiter
de nos forces intérieures en vue de prouver la véracité de leur
religion. Par exemple, l’effet d’Androphine (un produit équivalent
à la morphine) produit par le cerveau et qui conduit l’être dans un
état d’extase, l’autosuggestion, le lavage de cerveau ou l’effet
du Placebo (substance inactive utilisée dans la guérison des malades)
découvert par la médecine depuis plusieurs années, sont autant de
moyens utilisés par les chefs de files des différentes religions pour
attirer leurs adeptes.
Il est à souligner que dans les religions toute
question relative à la nature et aux fondements des préceptes est
expressément prohibée, métamorphosant ainsi l’homme en un animal
sans intelligence et sans capacité de réflexion. Etant donné que,
parallèlement au développement de la science et de la culture, de plus
en plus seront nombreux ceux qui se libéreront des chaînes de croyance
aveugle des religions et que les plus clairvoyants s’avanceront vers
la doctrine de Zoroastre par le biais de la bonne pensée, la bonne
parole et la bonne action, celle-ci retrouvera sa magnificence
d’antan. Alors, peu importe le nom que sera donné à la nouvelle
doctrine.
Dr.
Bahram Varza