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Khayyâm
est un désespéré qui se masque d'un sourire dès qu'un
sanglot l'étrangle. Cette sérénité douloureuse, il ne l'a pas
conquise sans efforts, sans blessures. Durant toute sa vie, il
cherche la vérité dans la science, dans la philosophie, dans les
plaisirs de la vie
La
sérénité de ce désabusé ne ressemble ni au calme olympien de
Goethe ni à la fade quiétude d'Horace, poètes auxquels on l'a
trop souvent comparé. Son érudition universelle, et ses
déboires, d'ordre purement transcendantal, lui ont conféré sa
dédaigneuse indifférence et cette amertume qui n'accepte un
plaisir que pour le changer en douleur.
Son
courage est remarquable. au mépris du jugement de ses
contemporains fanatiques (déjà) et intolérants, il ose douter
de tout ce que l'on vénère autour de lui, il ose proclamer l'inanité
des dogmes religieux et des connaissances humaines. |