Quelques textes au sujet de la mort

Mon ami Gérard Verret a édité il y a longtemps un recueil intitulé "la Mort". Les textes recueillis y sont tous plus beaux les uns que les autres et je ne resiste pas à copier ici quelques extraits.


"La Mort". Gérard Verret. ISBN 2-910297-39-X. Anthologies. Le Fennec



J'ai reçu mon invitation pour le bal de ce monde
et ainsi ma vie a été bénie.
Mes yeux ont vu et mes oreilles ont entendu.

C'était ma part à cette fête,
de louer de mon instrument,
et j'ai fait tout ce que j'ai pu.

Maintenant, je le demande,
le temps est-il venu enfin
où |e puisse entrer,
voir ta face
et t'offrir ma salutation silencieuse ?

R. Tagore
Souvenons-nous sans cesse de la mort, dit Hésycnius (Ve siècle). Ce souvenir détermine l'exclusion de tout vain souci, la garde de l'esprif et la prière constante, le détachement du corps, la haine du péché, à vrai dire toute vertu agissante naît d'elle. Pratiquons-la, s'il est possible, comme nous respirons».

Cette pratique de la mort incessante est la pratique même de la vie en plénitude, de la résurrection dès maintenant.

«Celui qui ne vit pas avec la mort tous les jours, ne vit pas du tout» dit Graf Durckheim, ce sage de notre temps ; «ne vit vraiment que celui qui sait vraiment mourir... Il n'y a finalement pas de Joie hors de la mort».

Mourir n'est une obsession macabre et désespérante aue pour celui qui est encore prisonnier de lui-même et de son avoir, de son moi psychique et mondain. Mais celui qui s'exerce à la mort plonge dans son esprit qui, lui, ne peut plus mourir depuis que le Christ l'a sauvé ; le soleil a-t-il peur de la nuit ? Et Dieu le Père infiniment bon qui permet la mort, donnerait-il quelque chose de mauvais à ses enfants ? Et quand ce même Père, actif en tout, transforme la chrysalide en papillon, est-ce vraiment mourir de grande mort ? Voyez la joie du papillon... La certitude de l'Amour fou de Dieu pour nous ne fait-elle pas contrepoids à toutes nos peurs et questionnements ? La confiance totale, voilà le remède à tous les maux de la vie...

Alphonse Goettmann
L'amour est plus fort que tout ce qui lui est contraire et depuis que le Christ nous a révélé cette nouvelle approche de l'existence mortifère, la mort elle-même est devenue la grande initiatrice de la vie. Avec le Christ, la mort a été métamorphosée et n'a plus rien de commun avec la conception païenne à son sujet. Saint François d'Assise appelait la mort avec une infinie tendresse : «Ma soeur la mort» et saint Séraphim de Sarov dit à la fin de sa vie : «C'est la grande allégresse ui approche !». Certains grands spirituels dormaient ans leur cercueil comme dans un lit nuptial, parce que l'homme nouveau, ressuscité, se conçoit quand il accepte d'étrelndre la mort avec amour et quand il aime en acceptant de mourir. Cette double condition n'est-elle pas celle du véritable adulte ? C'est en tout cas ce qu'exprimé l'icône de la «Piéta», où l'on voit Marie enserrant Jésus descendu de la croix dans ses bras ou entre ses jambes : ce «oui» là est un accouchement... Les saints connaissent ce que la Tradition appelle le «joyeux mourir», car en réalité, toute leur vie a été l'apprentissage de la mort.
Alphonse Goetimonn
Personne ne meurt, si ce n'est en apparence, de même que personne ne naît, si ce n'est en apparence.
En effet, le passage de l'essence à la substance, voilà ce qu'on appelle naître ;
et ce qu'on appelle mourir, c'est au contraire le passage de la substance à l'essence.

Apollonius de Tyane
Ne dites pas : mourir ; dites : naître. Croyez.
On voit ce que je vois et ce que vous voyez
On est l'homme mauvais que je suis, que vous êtes
On se rue aux plaisirs aux tourbillons, aux fêtes
On tâche d'oublier le bas, la fin, 'écueil
La sombre égalité du mal et du cercueil
Quoique le plus petit vaille le plus prospère
Car tous les hommes sont les fils du même Père
Ils sont la même larme et sortent du même oeil
On vit, usant ses jours à se remplir d'orgueil
On marche, on court, on rêve, on souffre, on penche, on tombe, on monte
Quelle est donc cette aube 2 C'est la tombe
Où suis-je ? Dans la mort. Viens ! Un vent inconnu
Vous jette au seuil des cieux. On tremble ; on se voit nu
Impur, hideux noué de mille noeuds funèbres
De ses torts, de ses maux honteux, de ses ténèbres
Et soudain on entend quelqu'un dans l'infini
Qui chante, et par quelqu'un on sent qu'on est béni
Sans voir la main d'où tombe à notre âme méchante
L'amour, et sans savoir quelle est la voix qui chante
On arrive homme, deui, glaçon, neige ; on se sent
Fondre et vivre ; et d'extase et d'azur s'emplissant,
Tout notre être frémit de la défaite étrange
Du monstre qui devient dans la lumière un ange.

Victor Hugo
Seigneur, il fait nuit.
Seigneur, es-tu là dans ma nuit ?
J'ai hâte de disparaître
J'envie la mort comme un oubli.
Je voudrais partir,
M'enfuir,
Fuir
N'importe où, m'échapper ;
Echapper à quoi ?

Je refais chaque jour les mêmes gestes mais je sais qu'ils sont inutiles.
Je marche mais je sais que mes pas n'aboutissent nulle part.
Je parle et mes paroles me semblent affreusement vides.

J'appelle et Tu ne réponds pas.
Je cherche et ne Te trouve pas.

Seigneur il fait nuit.
Seigneur es-tu là dans ma nuit ?
Ne t'ai-je pas lassé ?
M'aimes-tu encore ?
Seigneur, réponds-moi, II fait nuit !

Michel Quoist
Nous savons assez bien ce qu'est la Mort. Pourquoi elle arrive, pour quelles raisons elle est nécessaire, comment elle se présente et quand elle risque de survenir. Dans l'ensemble, nous sommes capables de répondre à ces questions de manière assez sensée. Mais il reste une question bien plus importante : où est la Mort ? Là, nous perdons la raison. En dépit de maintes preuves du contraire, nous supposons qu'elle peut s'introduire absolument partout. En réalité, c'est faux. Il y a sur votre carte un endroit parfaitement réel, parfaitement identifiable, où elle ne peut amais pénétrer. Et, quel bonheur !... il se trouve que ce ieu de refuge vous est largement ouvert. C'est uniquement là que vous êtes à l'abri de la Destruction.

Si seulement nous prenions davantage au sérieux les paroles de cet hymne si célèbre et si beau :
Tout change et tout pourrit autour de moi ;
0 Toi qui ne changes pas, demeure avec moi...
Où est l'aiguillon de la Mort ?
Où est la victoire de la Tombe ?
Je triomphe toujours, si Tu demeures avec moi.

Ceci n'est pas seulement un voeu pieux. Il vous suffit de regarder en ce moment même Ce qui regarde en vous, pour voir Celui qui demeure avec vous. De votre côté de cette page imprimée, Celui qui est vide pour elle, Celui qui la visiblement dénuée de toute matière périssable. Toutes les choses périssent. Celui oui demeure avec vous n'est certainement pas l'une des innombrables choses périssables qu'il produit. Cette Non-chose Eveillée, plus proche de vous que vos mains et vos pieds, au centre même de votre vie, est votre unique et parfait refuge, de toute éternité. En contraste absolu avec Celui qui demeure en vous, il y a toutes ces choses extérieures à vous et, en particulier, la chose mortelle que vous apercevez dans votre miroir, là-bas, à quelques centimètres de distance, qui, elle, vieillit et
se rapproche chaque minute de la mort. Ne me croyez pas : vérifiez que lorsque vous amenez ce miroir sur vous, cette tête de mort disparaît. Vérifiez vous-même cette vérité merveilleuse : la mort meurt en s'approchant de vous. Elle ne peut pas atteindre Celui qui demeure avec vous, Celui qui est plus vous que vous-même, qui est votre Etre indestructible.

D.E. Harding

II fut un temps jadis où nos poètes-prophètes, sous le ciel généreux du firmament indien, ont salué le monde de l'accueil chaleureux qu'on réserve à un frère.

Pour eux, il n'y avait aucune zone d'ombre dans leur vision lumineuse de la réalité. Ils n'admirent jamais que même la mort pût creuser un abîme dans le champ de la réalité. Ils disaient : «II se reflète dans la mort aussi bien que dans l'immortalité». Ils ne reconnaissent aucune contradiction essentielle entre a vie et la mort, et disaient avec une assurance absolue : «C'est la vie qui est la mort». Ils saluaient avec la même heureuse sérénité la vie dans son aspect d'apparition et dans son aspect de départ. «Ce qui est passé est caché dans la vie et aussi ce qui est à venir».
Ils savaient qu'apparition et disparition n'existent qu'à la surface, comme des vagues sur la mer, et que la vie, qui est permanente, ne connaît ni déchéance ni diminution.


R. Tagore

gymnastique japonaise

Méthode OAKI - Francis Sigrist

Il s'agit d'une méthode pratique de santé qui permet une gestion efficace du stress, de la fatigue et des émotions. Cette technique est issue du Kiko et des arts martiaux internes.

De nombreuses années de pratique des arts-martiaux traditionnels et d'autres techniques de travail sur l'énergie me permettent de vous proposer cette nouvelle de gestion du stress, à découvrir sur ce site www.francis-sigrist.fr

 

 

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