II fut un temps jadis où nos poètes-prophètes, sous le ciel généreux du firmament indien, ont salué le monde de l'accueil chaleureux qu'on réserve à un frère.
Pour eux, il n'y avait aucune zone d'ombre dans leur vision lumineuse de la réalité. Ils n'admirent jamais que même la mort pût creuser un abîme dans le champ de la réalité. Ils disaient : «II se reflète dans la mort aussi bien que dans l'immortalité». Ils ne reconnaissent aucune contradiction essentielle entre a vie et la mort, et disaient avec une assurance absolue : «C'est la vie qui est la mort». Ils saluaient avec la même heureuse sérénité la vie dans son aspect d'apparition et dans son aspect de départ. «Ce qui est passé est caché dans la vie et aussi ce qui est à venir».
Ils savaient qu'apparition et disparition n'existent qu'à la surface, comme des vagues sur la mer, et que la vie, qui est permanente, ne connaît ni déchéance ni diminution.
R. Tagore
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