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Ramana
Maharshi
Le cœur est l'unique vérité.
L'esprit n'est qu'une
étape
Un
sage m’a dit un jour, il y a une incarnation divine par siècle. De
cette extraordinaire floraison de grands sages hindous qui apparurent vers
le 1er quart du 20è siècle, ce fut sans contredit
Ramana Maharshi (1879-1950)
qui fut cette incarnation. |
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Après
de longues années d'un rigoureux ascétisme solitaire, il était parvenu
sur le plan de conscience de l'Unité. Pour lui, l'identité, dans un
éternel présent, entre le moi et le non-moi, entre le Divin
supra-cosmique et le divin dans le cœur de l'homme, était une vérité
d'expérience constante.
Dans sa bonté envers tous ceux qui
l'approchaient et en qui il ne voyait que le «Soi» qui
était aussi en lui, identique - il conseillait la recherche inlassable
de cette vérité, en ramenant tous les problèmes et toutes les
alternatives à la question fondamentale « Qui suis-je ? ».
Cette grande figure, qui a fortement marqué
tous ceux qui l'ont approché, représente de nos jours la véritable image
du sage védique. Orthodoxe, il
n'enseigna cependant aucune doctrine, se contentant de ramener ses
interlocuteurs à leur être essentiel.
« Le cosmos tout entier est
contenu dans un petit point minuscule qui se trouve dans le cœur, quand
vous pénétrez réellement dans ce cœur.
A seize ans, l'adolescent futur Ramana
Maharshi fut saisi par l'angoisse de la mort. Il s'allongea à même
le sol : qu'est-ce qui se passe quand on est mort ? Le corps meurt, les
pensées aussi... Que reste-t-il, enfin ? La réponse Absolue le saisit et
ne le quitta plus. Pas de technique, pas de yoga, seulement cela : Vous
êtes le Soi, Absolu. Vous êtes déjà Absolu. Alors pourquoi continuer à
faire comme si vous étiez mortel ?
Voici son
expérience et ses propos : L'ÉVEIL
« Environ six semaines avant mon
départ définitif de Madura, il se produisit dans ma vie un grand
changement. Ce changement fut soudain. J'étais seul dans une des pièces
du premier étage, dans la maison de mon oncle. Je n'avais été malade que
rarement, et ce jour-là ma santé était excellente; mais je fus pris
soudain d'une violente peur de la mort. Rien dans mon état ne la
justifiait, et je n'essayai pas d'en découvrir la raison; je me
contentai de l'éprouver. Je me disais: « Je vais mourir », et je me
demandais que faire. Il ne me vint pas à l'esprit de consulter un
médecin, ou l'un de mes amis. Je sentais qu'il me fallait résoudre
moi-même le problème, et sur le champ.
« Le choc causé par la peur de la
mort forçait mes pensées à l'observation intérieure, et je me répétais
mentalement, sans réellement formuler des paroles: « Maintenant que la
mort est là, que signifie-t-elle ? Qu'est-ce que c'est que mourir ?
C'est ce corps-là qui meurt! » Et aussitôt je dramatisais le fait de la
mort. J'étais couché, les membres raides comme si j'étais mort
réellement.
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J'imitais la situation d'un
cadavre pour donner à mon enquête une réalité plus grande. Je retenais
ma respiration, et serrais les lèvres pour qu'aucun son ne put s'en
échapper, pour m'empêcher de prononcer le mot « je », ou tout autre mot.
« Bon! me disais-je, ce corps est mort. On l'emportera complètement
rigide au lieu de sa sépulture, où on le brûlera et le réduira en
cendres. Mais suis-je mort par cette mort de mon corps ? Mon corps
est-il « moi » ? Il est silencieux et inerte, mais je sens la pleine
force de ma personnalité, et j'entends même la voix du « moi » au fond
de mon être. Je suis donc un esprit qui transcende le corps. Le corps
meurt, mais l'esprit, transcendant le corps, ne peut être touché par la
mort. Ce qui veut dire que je suis un esprit immortel. »
« Ces pensées n'étaient pas
obscures et ternes. Elles jaillissaient en moi telles d'éclatantes
vérités, que je percevais directement sans que mes activités cérébrales
fussent en jeu. Le « moi » était donc quelque chose de très réel, la
seule chose réelle dans mon état présent, et toute l'activité consciente
de mon corps se concentrait sur ce « moi ». Depuis cet instant, la
puissance fascinante de ce « moi » se plaça au cœur même de toute mon
attention.
« La crainte de la mort avait
disparu, et pour toujours. L'absorption dans le « moi » se poursuivit
sans interruption. D'autres pensées passaient et disparaissaient,
pareilles à diverses notes de musique, mais le « moi » demeurait comme
la note scruti, sous-jacente à toutes les autres notes, et se confondant
avec elles.
« Que mon corps fût occupé à
parler, à lire, ou à quoi que ce soit d'autre, tout mon être n'en était
pas moins centré sur le « moi ». Avant cette crise, je ne le distinguais
pas clairement, et je n'étais pas attiré consciemment vers lui. Je ne
ressentais pour lui nul intérêt direct ou perceptible; encore moins
inclinais-je à demeurer constamment en lui. »
Cette simple description, dénuée
de toute prétention au verbiage, peut faire croire à un état voisin de
l'égoïsme, mais il faut attribuer cette impression à l'ambiguïté des
deux termes: Je et Moi. La différence apparaît dans l'attitude en face
de la mort. Car celui chez lequel l'intérêt se concentre sur l'« ego »,
être individuel séparé, a peur de la mort, qui menace de dissolution cet
« ego » . Alors que, dans le cas de Venkataraman, la peur de la mort a
disparu pour toujours: il avait en effet compris que le « moi » (ego) ne
faisait qu'un avec le « Moi Supérieur, Universel et Immortel », l'esprit
et le moi réel de tout être humain. Dire qu'il savait qu'il ne faisait
qu'un avec l'esprit, n'est d'ailleurs pas conforme à la vérité, puisque
cette affirmation suppose un moi séparé, capable de la formuler alors
que le moi intérieur de Venkataraman était lui-même et consciemment
l'Esprit.
(Note : Venkataraman nom d’adolescent de Ramana Maharshi) |
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SON ENSEIGNEMENT
Pendant la première moitié du XXè siècle, son enseignement est un
phare éblouissant pour l'humanité. Encore aujourd'hui, ses préceptes
universels demeurent adaptés à tous les hommes, qu'ils soient engagés dans
le monde des affaires ou qu'ils vivent retirés dans quelques jungles...
Tous autant que nous sommes pouvons répondre à sa présence intérieure
silencieuse. La forme physique est sans importance, disait le Maharshi
avant de quitter son corps. C'est la présence absolue qui compte, laquelle
ne meurt pas et demeure en chacun.
Il ne
considérait pas avoir de disciples. Il n'y a qu'un seul gourou : l’absolu
à l'intérieur (et partout) de chaque cœur (rhidaya=centre). « Certains se
disent mes disciples, je ne peux ni le confirmer, ni l'infirmer; pour moi
tous les hommes sont identiques. »
Le Maharshi n'écrivait presque
jamais, mais de pieux disciples ont parfois recueilli ses entretiens. Dans
le volume, « L’enseignement de Ramana Maharshi » paru chez Albin
Michel, qui couvre une période de cinq ans (1935-1939), on trouvera,
en grand détail, l'enseignement qu'il dispensait, les réponses qu'il
donnait aux Indiens et aux Occidentaux venus lui soumettre leurs problèmes
intellectuels, affectifs et autres.
Voici
quelque extraits des questions-réponses :
Un jeune homme : Comment ai-je
été pourvu d'un corps physique ?
M. Vous parlez de « Je
» et de « corps physique », comme étant deux éléments séparés entre
lesquels existe une relation de dépendance. Vous n'êtes donc point votre
corps physique puisque vous le distinguez de vous-même. Ce corps physique
ne se pose pas une telle question puisqu'il est inerte. Quand vous dormez,
vous n'êtes plus conscient de la présence d'un corps physique, mais vous
n'en continuez pas moins d'être. Vous ne vous posez plus semblable
problème, mais vous existez néanmoins. Qui donc soulève, en ce moment, ce
genre de questions?
D. C'est mon
ego.
M. Oui. Le corps physique
et l'ego s'élèvent (au réveil) et s'abaissent (en sommeil) ensemble dans
le champ de la conscience.
Dans l'état de sommeil profond
vous avez rompu toute association avec votre ego. En ce moment, vous êtes
associé à lui. De ces deux états, lequel est votre état réel ? Dans votre
état de sommeil, vous êtes présent, et le même « VOUS » est en ce moment
présent, à l'état de veille. Pourquoi alors votre question s'élève-t-elle
maintenant et non pas pendant votre sommeil ? Vous dites que c'est à cause
de votre ego, ce qui est vrai. Vous n'êtes pas votre ego; l'ego n'est
qu'une formation mentale intermédiaire entre le Soi et votre corps
physique; vous êtes le Soi. Cherchez donc l'origine de votre ego et voyez
alors si vos doutes subsistent encore.
D'après les écritures sacrées, la
réponse à votre question est la suivante: « Votre corps physique est dû à
votre karma. » Vous me demanderez d'où provient le karma? Je devrais
répondre : « D'un corps précédent » et ainsi de suite ad infinitum.
C'est une méthode d'argumentation indirecte. La méthode directe n'est pas
basée sur des hypothèses invisibles mais consiste à s'attaquer au point
central et à demander qui subit un karma? Qui est associé à une succession
de corps physiques ? Voilà pourquoi je vous ai répondu d'abord de cette
manière. C'est plus efficace.
D. Quelle est l'utilité
de la peur de la mort, notre lot commun ?
M. Tout le monde a peur de
mourir. Cette peur ne remplit aucune fonction utile, car elle est
totalement dominée par les pulsions latentes du mental, si bien que
l'homme meurt d'une manière inconsciente. Il n'arrive pas à prendre
conscience du processus de désintégration, n'étant pas suffisamment
détaché. La peur de la mort ne le rend pas imperturbable et il ne peut pas
se livrer à une investigation valable.
D. Dans ces conditions, je
ne comprends pas pourquoi vous donnez à tous vos visiteurs le même
enseignement spirituel sans établir entre eux de distinction quelconque.
M. Qu'est-ce que je leur dis? Que l'ego, en
tout homme, doit périr. Il faut que les gens réfléchissent à ce problème.
L'ego est-il présent ou ne l'est-il pas ? En réfléchissant continuellement
à cette question, l'homme devient de plus en plus compétent.
D. Combien de temps
s'écoule-t-il entre un décès et la réincarnation suivante ?
M. Cela dépend. Tantôt
l'intervalle est bref, tantôt il est long. Mais pour un Jnânin cette
question ne se pose plus car il s'est complètement absorbé dans l'être
universel, ainsi que l'affirme la Brihad Aranyaka Upanishad. Certains
textes affirment que ceux qui, après leur mort, sont passés dans la voie
de la lumière, ne renaissent plus, tandis que ceux qui après leur mort
prennent la voie de l'ombre renaissent ici-bas, après avoir épuisé les
fruits de leur karma durant leur existence extra-corporelle, dans les
plans subtils. Si la balance des mérites et des démérites est égale,
l'homme repart directement ici-bas, sans passer par un stade
intermédiaire. Si les mérites l'emportent, les corps subtils du défunt
sont attirés vers les régions paradisiaques et c'est à leur niveau que la
renaissance se produit. En revanche, si les démérites sont en excès, les
corps subtils du défunt sont entraînés vers les régions infernales et
c'est à leur niveau que la nouvelle naissance a lieu. Même les yogabrashta
(ceux qui ont fait l'expérience de la Félicité suprême, mais qui n'ont pu
s'y maintenir et sont retombés dans la dualité) sont soumis à la loi
commune de la réincarnation. Tout ceci est expliqué avec force détails
dans les écritures sacrées (Shâstras). Mais en fait, il n'y a naissance,
ni mort, et chacun reste en réalité ce qu'il est. C'est la seule vérité.
D. Est-ce que la veille et le
rêve peuvent être considérés comme des excursions hors du Soi, notre
nature véritable ?
M. Il faut une localisation
dans l'espace pour faire une excursion. Cette localisation doit être en
dehors de vous. Cela est impossible dans l'état naturel du Soi, où rien ne
se trouve ailleurs.
D. Votre exemple de l'écran
de cinéma est une magnifique illustration de la vérité.
M. L'écran d'un cinéma ne
ressent rien, et a donc besoin d'un spectateur qui prenne conscience du
spectacle. Mais l'écran du Soi est différent; il comprend le spectateur et
le spectacle, ou plus exactement il est en soi plein de lumière. Sur
l'écran, les images ne peuvent être perçues que si la salle est plongée
dans l'obscurité. Ainsi le mental ne peut-il projeter ses idées et ses
images que dans l'obscurité de son ignorance fondamentale (avidyd). Le Soi
est pure connaissance, pure lumière, dépourvue de toute dualité. La
dualité implique l'ignorance. La connaissance véritable du Soi se tient
au-delà de la connaissance-ignorance. De même, la lumière du Soi est
au-delà de la lumière ordinaire et de l'ombre. Car le Soi est tout seul.
D. Que doit-on penser du
progrès?
M - Le progrès relève de la
dualité, c'est-à-dire du mental et non point du Soi. Le Soi est toujours
parfait.
M - Les gens sont curieux.
Ils quittent ce qui leur est le plus intime, le plus immédiat et puis ils
s'efforcent de trouver la paix et la tranquillité. Les textes sacrés
disent « Tu es Cela ». Le terme
« tu » fait
l'objet d'une expérience directe. Néanmoins, les gens préfèrent l'ignorer
et partir à la recherche de
«Cela » !
D. C'est pour trouver
l'identité de « cela » et de « tu ».
M. « Cela »
désigne le Soi intérieur, immanent en toute chose. Pour trouver le Soi,
l'homme préfère s'abandonner, se quitter et se laisser happer par le monde
? Qu'est-ce que le monde ? Qu'y a-t-il d'immanent en lui ? C'est
«cela ». Toutes ces idées ne prennent corps que lorsque l'on oublie
son propre Soi. Je ne me suis jamais égaré dans d'aussi vaines recherches.
Ce n'est que plus tard que je me suis rendu compte que les hommes s’y
intéressaient. |
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SA FIN
(Témoignage d’Arthur Osborne)
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Deux
des serviteurs éventaient le Maître, et les disciples, au dehors, avaient
les yeux fixés sur cet éventail, dont le mouvement signifiait qu'il y
avait encore un corps vivant à éventer. Le reporter d'une grande revue
américaine ne réussissait pas à rester tranquille, gêné d'être ému malgré
lui. Il décida de ne pas écrire le récit des événements auxquels il
assistait avant d'avoir quitté Tiruvannamalai et retrouvé des conditions
de vie plus normales. Il était accompagné d'un photographe de presse
français.
Tout à coup, sans que l'on s'y
attendît, un groupe de fidèles, assis dans la véranda, devant la grande
salle, se mirent à chanter « Arunachala-Siva ». En les entendant, Sri
Bhagavan ouvrit les yeux, et son regard brilla. Il eut un sourire
d'ineffable tendresse. Des larmes de béatitude perlèrent à ses paupières.
Il poussa un soupir profond, puis s'arrêta de respirer.
Pas la moindre lutte, pas un
spasme; rien d'autre ne révéla qu'il mourait, mais la respiration ne
reprit plus, tout simplement.
Pendant un moment, tout le monde
fut déconcerté. Les chants continuaient. Le photographe de presse français
vint me demander à quel instant précis la mort était survenue. Je crus à
une insensibilité de journaliste, et lui répondis avec brusquerie que je
n'en savais rien, et puis tout à coup, je me rappelai la courtoisie
inlassable de Sri Bhagavan, et je dis qu'il était exactement 8 h 47. Il me
raconta alors (et je compris à sa voix, qu'il était bouleversé) qu'à ce
moment précis, se trouvant sur la route, il avait eu une énorme étoile
traverser lentement le ciel. Beaucoup d'autres gens l'avaient aperçue
également, même à Madras, et avaient deviné ce que signifiait ce présage.
L'étoile glissait en direction du Nord-est, vers le pic d'Arunachala.
La première stupeur passée, ce fut
une explosion de douleur. On plaça le corps sous la véranda, dans la
position assise. Hommes et femmes se pressèrent pour le voir. Une femme
s'évanouit; d'autres sanglotaient à haute voix. Le cadavre fut ensuite
transporté dans la salle et posé sur un divan orné de guirlandes de
fleurs. Les disciples vinrent se grouper tout autour. On s'attendait à ce
que le visage du Maître eût acquis l'immobilité de pierre du Samadhi, mais
il était tellement marqué par la souffrance que le cœur se serrait à le
voir. Au cours de la nuit seulement il reprit sa mystérieuse sérénité.
Les disciples passèrent toute
cette nuit-là dans la salle, et des gens de la ville défilèrent dans Un
respectueux silence. Ils venaient par processions entières, chantant
l'Hymne d'Arunachala-Siva à l'aller et au retour. Quelques-uns des
disciples qui se trouvaient dans la salle entonnèrent des chants de
louange et de deuil. D'autres gardaient le silence. La douleur, si vive
qu'elle fut, frappait moins que le calme qui la transcendait. Pourtant ces
femmes et ces hommes se voyaient privés de celui dont la grâce avait donné
à leur vie Son véritable sens.
Dès la première nuit, et bien plus
encore pendant les jours suivants, On comprit l'importance vitale des
paroles de Sri Bhagavan : « Je ne m'en vais pas. Où donc irais-je ? Je
suis ici ! »
Le mot ici n'implique
aucune limitation dans l'espace. Il signifie plutôt que le Moi existe. Il
n'y a ni départ, ni changement pour ce qui est universel. Cependant les
disciples, en percevant la présence de Bhagavan au dedans d'eux, de même
qu'ils percevaient sa présence divine constante à Tiruvannamalai,
commencèrent de voir, dans les paroles du Maître, une promesse pleine
d'amour et de sollicitude.
Au cours de la nuit de veille, on
dut prendre une décision concernant les funérailles. Certains pensaient à
ensevelir le corps de Sri Bhagavan dans la nouvelle salle; mais d'autres
s'y opposèrent jugeant que la salle étant en quelque sorte adjointe au
Temple, le sanctuaire de Sri Bhagavan paraîtrait, peut-être, de moindre
importance que celui de sa mère. On renverserait ainsi l'ordre des choses.
Le lendemain, tous furent d'accord pour creuser une fosse et enterrer le
corps de Sri Bhaghavan avec les honneurs divins. dans l'espace compris
entre la vieille salle et le Temple.
La foule massée tout autour
assistait à la cérémonie dans une douleur silencieuse. On ne verrait plus
le visage tant aimé. On n'entendrait plus la voix si chère. Désormais la
pierre noire, polie. symbole de Siva, placée sur la tombe, évoquerait
seule extérieurement le souvenir du Maître, mais au fond des cœurs
subsisterait son empreinte. |
SA PRESENCE
Son corps est parti, mais sa
présence est palpable.
Son enseignement silencieux est
toujours là, pour celui qui sait l’entendre.
Il disait d’ailleurs « Le
silence est la plus grande des éloquences ».
Son regard, ses photographies,
touchent au cœur directement.
La sainte Ma Ânanda Mayi, venue se
recueillir lors des ses funérailles dit alors « je suis venue rendre
hommage à mon père, et je peux m’asseoir par terre avec les
autres »
Ce père est toujours présent pour
beaucoup. L’histoire du Maharashi ne se termine avec la mort de son corps,
pas plus que l’histoire du Christ ne se termina sur la croix.
En réalité, Shri Bagahavan n’a pas
donné au monde une religion nouvelle, mais une nouvelle espérance.
Il a indiqué un sentier nouveau à
cet âge d’obscurité spirituelle, et son action ne se limite pas à sa vie
physique.
Il est présent pour tous ceux qui
cherchent la vérité, le salut. |
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BIBLIOGRAPHIE
« RAMANA MAHARSHI ET LE
SENTIER DE LA CONNAISSANCE DE SOI » d’Arthur Osborne, les deux
Océans, paris.
« L’ENSEIGNEMENT DE RAMANA
MAHARSHI » Jean Herbert, Editions Albin Michel.
« IMMORTELLE
CONSCIENCE » Paul Brunton, les deux océans, Paris.
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La
montagne sacrée d'Arunachala. Haut lieu de l'Inde, où vécurent de
nombreux sages.
Ramana Maharshi y passa presque
toute sa vie. Elle était pour lui son seul Gourou, le centre du
monde.
C'est
un lieu de pèlerinage, avec son parcours de 14 km autour de la
montagne, qui est un acte sacré
accompli
par des millions de pèlerins de toutes les religions.
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La photo en début de
page est la plus connue de Ramana Maharshi. Son regard touche au
plus profond de l'être. Elle fut prise quelques semaines avant son décès,
il était rongé par un terrible cancer, et la douleur semble ne pas
affecter son merveilleux visage. |
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