| Toi, dont la joue humilie l'églantine, toi dont le visage ressemble à celui d'une idole chinoise, sais-tu que ton regard velouté a rendu le roi de Babylone pareil au fou du jeu d'échecs qui recule devant la reine ? | ![]() |
La vie s'écoule. Que reste-t-il de Bagdad et de Balk ? le moindre heurt est fatal à la rose trop épanouie. Bois du vin, et contemple la lune en évoquant les civilisations qu'elles ont vu s'éteindre. |
| Écoute ce que la sagesse te répète toute la journée: "La vie est brève. Tu n'as rien de commun avec les plantes qui repoussent après avoir été coupées." |
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| Les rhéteurs et les savants silencieux sont morts sans
avoir pu s'entendre sur l'être et le non-être. Ignorants, mes frères, continuons de savourer le jus de la grappe, et laissons ces grands hommes se régaler de raisins sec. |
Ma naissance n'apporta pas le moindre profit à
l'univers. ma mort ne diminuera ni son immensité ni sa splendeur. Personne n'a jamais su m'expliquer pourquoi je suis venu, pourquoi je partirai. |
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| Nous tomberons sur le chemin de l'Amour. Le Destin
nous piétinera. Ô jeune fille, ô ma coupe enchanteresse, lève-toi et donne-moi tes lèvres, en attendant que je sois poussière! |
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| Du
bonheur, nous ne connaissons que le nom. Notre plus vieil ami est le vin nouveau. du regard et de la main, caresse notre seul bien qui ne soit pas décevant: l'urne pleine du sang de la vigne. |
Le palais de Bahrâm est maintenant le refuge des
gazelles. les lions rôdent dans ses jardins où chantaient les musiciennes. Barhâm, qui capturait les onagres sauvages, dort maintenant sous un tertre où broutent des ânes. |
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| Ne cherche pas le bonheur. La vie est aussi brève qu'un
soupir. La poussière de Djemchid et de Kaï-Kobad tournoie dans le poudroiement vermeil que tu contemples. L'univers est un mirage. La vie est un songe. |
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